Le numérique entre à l’école avec des attentes parfois démesurées ! Le « numérique » est dans toutes les bouches et c’est à gros coup d’équipement que l’on répond souvent à l’interrogation.

Mais pour une bonne intégration du Digital en classe il faut resituer le contexte global des apprentissages et remettre l’enseignant au centre du dispositif.

 

Le numérique ne fait pas mieux apprendre par principe, par contre, il permet de créer des situations d’apprentissages riches, qui elles, permettent de développer des apprentissages en profondeur. Le but de toute situation d’apprentissage reste centré sur l’apprenant.

 

Il y a de plus en plus de modèle théorique autour de l’intégration du numérique dans les salles de classe. Tant mieux d’ailleurs car c’est dans la lecture et le questionnement qu’on arrive à piloter son propre projet. Mais le modèle ICAP apporte un angle nouveau car il fait ressortir l’importance de l’implication de l’apprenant dans le processus d’apprentissage. Il ressort de cette étude que quelle que soit la modalité d’enseignement que c’est l’implication de l’apprenant et le type d’activité proposée qui font la différence.

 

Michelene TH Chi et Ruth Wylie ont travaillé sur une vaste enquête sur les situations apprenante intégrant le numérique.

 

Les chercheurs ont ainsi repéré 4 modes : Interactive, Creative, Active & Passive (en anglais, d’où ICAP).

 

L'hypothèse ICAP prédit que l’apprentissage des élèves augmentera dès qu’ils deviennent plus engagés dans les cours. Les éducateurs ont depuis longtemps reconnu que, bien que les élèves peuvent apprendre d’une situation d’enseignement passive, ils retirent beaucoup mieux de contenus en apprenant activement.

 

 « L' apprentissage actif» est généralement défini par les chercheurs en éducation comme un  apprentissage qui demande aux élèves de s’engager dans les cours (Bonwell & Eison, 1991 ), de participer au cours, de créer  le cours  (analyse, synthèse, évaluation ) plutôt que de recevoir passivement un contenuv"(king, 1993).

 

Comme dans d'autres domaines, il est difficile de classer les méthodes d'apprentissage actives utilisées dans les salles de classe, ce qui rend difficile l'évaluation du quand et du pourquoi cela les rend efficaces pour l'apprentissage. 

L'hypothèse ICAP met en évidence que l'apprentissage des élèves est plus efficace dans l’interactivité. L’interactivité serait plus engageant, et peut être plus rassurant pour l’enseignant.

Le modèle ICAP montre que les élèves obtiennent de meilleurs résultats sur toutes les questions du quiz post-classe après avoir participé à des activités interactives et constructives qu'après les activités actives ou passives.

 

Bien que « l' apprentissage actif» est une excellente idée les enseignants doivent adapter les cours en conséquence et cela représente trois défis importants. Il faut d’abord savoir guider l’activité sans trop en dire pour ne pas retomber dans l’apprentissage « passif ». Deuxièmement, les enseignants doivent décider quelles sont les meilleures activités «d'apprentissage actif» pour concevoir et mettre en œuvre le cours. Enfin il faut savoir inventer des situations d’apprentissage nouvelle pour favoriser l’activité.

 

Le numérique s’intègre en effet comme le prolongement de l’action de l’enseignant.  En soi, toute situation d’apprentissage est bonne du moment que l’élève en retire quelque chose. La démarche de l’enseignant doit donc toujours partir des connaissances à transmettre.

Avec l'explosion de l'enseignement assisté par ordinateur, concevoir les activités étudiantes se confronte également aux concepteurs d'environnements d'apprentissage informatisés. Parce que certaines formes d'activités (telles que la sélection d'une réponse à partir d’un menu) sont plus faciles à mettre en œuvre dans un environnement d'apprentissage par ordinateur que d'autres (réponse libre), les concepteurs d'environnements d'apprentissage également besoin des recommandations claires sur les compromis entre le coût de la mise en œuvre et l'efficacité des activités des élèves pour l'apprentissage.

 

Une situation de cours magistral ou pseudo magistral invite l’élève à une prise de note et à l’écoute du cours. On est dans la situation que le modèle ICAP nomme « Passive » . L’élève écoute le cours, mémorise en utilisant une situation visuelle et peut être engagé dans le numérique de façon modérée par une consultation à distance des éléments du cours. Disons que dès que l’enseignant apporte la majorité du contenu l’élève est relégué à une situation passive.

 Pédagogie active

Attention, dès lors qu’il y a une prise de notes on passe pour ICAP dans un modèle « active ». L ‘élève s’implique , ou pas dans son cours; se met en position d’écoute active en repérant le mots clés , la structure du cours.

Une présentation diaporama peut servir de support au cours et ce sera un plus de le donner aux élèves. Le numérique ici sera une extension du cours avec des recherches internet, des TP d’application du cours.

 

En plus de cette catégorisation des modes pédagogiques, l’équipe de chercheurs propose plusieurs recommandations listées ci-dessous :

- Les activités proposées doivent s’appuyer sur des contenus signifiants,

- Il peut exister une différence entre l’attitude attendue et le comportement réel des apprenants,

- La production d’un apprenant peut être analysée comme une trace de son comportement,

- Il est nécessaire d’expliciter les apprentissages pour faciliter l’appropriation, évaluer et éviter la surcharge cognitive,

- Le comportement déclaré est une mesure approximative du comportement réel,

- Le niveau d’implication est indépendant de l’activité prescrite,

- Il existe une progressivité entre les 4 niveaux,

- La frontière entre deux niveaux consécutifs est floue.

 

Il apparaît donc que ce n’est pas l’usage des technologies qui permet un apprentissage en profondeur mais le type d’activités proposées aux apprenants. La technologie n’est alors qu’un outil qui va permettre de proposer des activités riches, signifiantes et engageantes.