Dès 1991 Eric Mazur, Pr de physique à Harvard, note que les étudiants connaissent les définitions et sont capables de résoudre des problèmes

mais n’ont aucune maîtrise des concepts fondamentaux de la physique ! 

Il décide alors de développer le « peer instruction » (enseignement par les pairs) : faire sortir de la classe les exposés magistraux ( donner des polycopiés) et rendre les cours en grands groupes plus interactifs 

 

En 2007 Jonathan Bergmann & Aaron Sams, deux enseignants en chimie d’un lycée rural du Colorado enregistrent leur cours sous forme de capsules vidéo pour pallier les absences des élèves en fin d’après-midi 

et constatent plus d’interactions des élèves en classe, car le temps disponible pouvait être utilisé avec beaucoup plus de souplesse 

La « flipped classroom » était inventée et le succès immédiat ! 

Bien entendu il faut citer Salmon Khan, qui en inventant la Khan Academy en 2010 a totalement popularisé le concept.

Le concept de Flipped Class se codifie finalement en 2014

 

1/ « Flexible Environnement » 

On entre dans des modes d’apprentissage diversifiés : exposé oral, vidéo, podcast, lecture, travail en groupe, instruction par les pairs, travail personnel, recherche, apprentissage par problème, apprentissage par projet, étude de cas, tests de positionnement ou d’auto-apprentissage…

un environnement (salle de cours ou de TP) qui s’adapte au rythme et style d’apprentissage. On réfléchit à l’organisation des lieux et du temps de travail

2/ « Learning Culture » 

Un changement de posture s’opère car on passe du modèle centré sur l’enseignant (seul expert qui transmet des savoirs dans un cours magistral) vers un modèle centré sur l’apprenant (apprentissages en profondeur). L’étudiant n’est plus le produit de l’enseignement, mais le centre de l’apprentissage ; il est appelé à être actif et maître d’œuvre de son processus d’apprentissage, autant à distance qu’en présentiel

L’enseignant augmente les temps d’interactions en présentiel pour vérifier et assurer les apprentissages des étudiants
Si l’enseignant continue, en inversant ses classes, à enseigner dans une approche centrée sur l’enseignant, aucune amélioration ne sera observée !

3/ « Intentional Content » 

Pour réduire le temps d’exposés magistraux en classe, l’enseignant détermine le contenu qui peut être transmis (vidéos, podcasts, ouvrages, polycopiés ou autres médias). Ce contenu sera revu et réinvesti dans les activités en présentiel

L’enseignant pense en permanence à la façon dont il peut utiliser le modèle d’apprentissage inversé pour aider les étudiants à améliorer leur compréhension des concepts et leur maîtrise des procédures

4/« Professional Educators » 

Loin de vouloir remplacer l’enseignant (via les vidéos...), le modèle inversé suggère une intervention pédagogique structurée et nécessite des enseignants de valeur, beaucoup plus sollicités que dans un enseignement traditionnel. Durant les faces à faces l’enseignant observe en permanence ses étudiants, effectuent des « feedbacks » adéquats instantanés, et évaluent en permanence leur travail
Le rôle le l’enseignant reste donc primordial !

Pourquoi inverser l’apprentissage ?

Si la classe inversée n’est qu’un système de pédagogie parmi d’autres il faut reconnaitre que lorsqu’on met à contribution les élèves, ils se sentent plus investis dans les études. On aide les étudiants en difficulté, et on réduit le décrochage scolaire. On s’adapte à différents niveaux tout en gérant un groupe de classe hétérogène.

L’interaction enseignant - élèves permet de mieux connaitre les étudiants et de créer une relation nouvelle, qui donne envie de travailler. Le contact est moins impersonnel.

On va souvent plus loin en proposant la pédagogie par compétences, ou par objectifs.

Quelles pourraient être les bonnes pratiques ?

« Pre-training »
La découverte des contenus en amont, et à son rythme,  permet une meilleure gestion de la charge d’apprentissage. 

Mettre dans les cours différents styles d’apprentissage : visuel, auditif, kinesthésique pour que chaque étudiant adopte le style qui lui correspond

Favoriser un apprentissage actif : lecture, écriture, visualisation, écoute, discussion, réflexion… qui accroit l’engagement, l’esprit critique et le développement conceptuel des étudiants (moins de perceptions erronées)

Il faut développer un enseignement par les pairs qui engage encore plus les élèves. Mais attention, l’enseignant doit se concentrer sur du temps passé aux cotés des étudiants, avec une attention portée à tous, de manière à donner une rétroaction immédiate.