Les critères dominants de cette méthode sont l’activité, la liberté et l’autoéducation.
L’activité est surtout exercée au contact du réel, du concret. Ce que l’enfant peut observer, manipuler, jouer et recréer.
Chez l’adulte, la théorie engendre la pratique, précise Piaget.
Par contre chez l’enfant, la théorie est inefficace dans la résolution d’un problème. L’enfant procède par « schémas actifs ».
Il y a méthode active que s’il y a initiative, choix volontaire. Ce qui suppose que l’acte pédagogique satisfait à un besoin de l’enfant ou répond à ses intérêts, à sa motivation.
L’autoéducation vise à l’autonomie croissante, à l’élaboration progressive de la personne.
Comenius affirmait déjà que l’éducation a pour but l’éveil de la sensibilité, la sûreté du jugement et l’épanouissement de la personnalité.
« Chacun de nous doit comprendre qu’il porte son propre bonheur »
Ce qui implique une ascension vers la conscience et le sens des responsabilités.
Ce qui caractérise le plus la pédagogie active, c’est qu’elle engage la personne tout entière ; tandis que les autres méthodes ne concernent qu’un aspect limité de la personne.
Il a même été dit que la didactique ne faisait appel qu’à un hémisphère cérébral en négligeant les activités corporelles ou esthétiques.
Cela ne suppose pas que la méthode active néglige l’intellect et la réflexion car ces deux aspects se retrouvent à tous les niveaux de l’activité.
Il apparaît que l’élève réfléchit davantage en méthode active puisque l’initiative lui est personnellement attribuée et qu’il ne peut s’en remettre à personne d’autre que lui en ce qui concerne ses décisions et ses gestes.
Dans cette méthode, l’imagination de l’élève est également sollicitée ; au moins aux deux bouts de l’action : à la fondation du projet et au réinvestissement de l’activité.
Ainsi, la méthode active pousse l’élève à une forme d’autonomie.
L’autonomie de l’élève se situe au début et à la fin de l’activité :
ϖ au début, puisqu’il choisi librement l’objet et les moyens de son travail,
ϖ à la fin, puisqu’il s’exprime et se maîtrise grâce à l’activité qu’il a accompli.
Cependant, nous ne pouvons pas dire que l’élève est autonome et libre de ses choix au premier jour de la rentrée ; il a par contre la possibilité de s’engager peu à peu et ce, toujours grâce aux exercices.
Il va de ce fait acquérir un équipement de méthodes qui lui permettront plus tard à prendre en charge ses choix.
C’est sur ce dernier point que l’enrichissement sera le plus fructueux.
Seule l’action librement assumée peut permettre à l’élève de se situer dans le temps et dans l’espace (réel). Une personne est responsable lorsqu’elle atteint un seuil de maturation et un certain degré d’autonomie grâce à sa conscience.
C’est pour cette raison qu’il est évident que la responsabilité ne peut être invoquée que si l’élève accepte librement de s’engager dans une action et qu’il a les moyens pour l’accomplir.
D’où, la méthode active permet d’obtenir des résultats à partir du moment où l’objectif est à la mesure des moyens de l’élève.
De ce fait, le « faire » devient peu à peu le « savoir-faire »,
«vouloir-faire » et débouche sur le « vouloir-être ».
C’est là la meilleure préparation à l’expérience et là est peut être le grand avantage de la pédagogie active.