la zone proche de développement

LA ZONE PROCHE DE DÉVELOPPEMENT EST UNE ZONE DE RÉUSSITE ACTUELLE OU POTENTIELLE

Ce concept a été proposé par le psychologue russe Lev Vygotski (1997). On le trouve en français sous différentes appellations telles que zone proximale de développement ou zone de développement prochain. La ZPD correspond à l’apprentissage possible que peut effectuer l’étudiant à un moment précis. C’est une zone de « potentiel » réaliste. Cette zone est propre à chaque apprenant, mais on peut concevoir qu’un groupe ait aussi sa ZPD. Plus l’apprenant avance dans sa zone, plus il apprend, mais plus il a besoin d’aide pour ne pas vivre un échec qui le sortirait de sa zone. Lorsque l’apprentissage se situe au début de la zone, l’étudiant réussit seul ou avec peu d’aide, ce qui augmente la perception qu’il a de sa propre compétence et lui apporte la confiance nécessaire pour relever des défis plus grands (Bandura, 1997). Lorsque l’étudiant, avec de l’aide, réussit une tâche plus difficile (qui est plus avancée dans sa zone) et qu’il la réussit plus d’une fois, cette tâche devient plus facile pour lui et il peut relever des défis plus exigeants qui se situaient auparavant au-delà de sa ZPD. Ainsi, la ZPD se déplace sur la ligne du développement de l’étudiant et l’apprentissage progresse.

 

IL IMPORTE D’ADAPTER LE SOUTIEN À L’ÉTUDIANT EN TENANT COMPTE DE LA ZPD

La ZPD se situe entre deux points sur la ligne du développement progressif. Le point A correspond au degré de développement actuel et le point B correspond au plus grand développement possible pour l’étudiant dans un avenir très proche (Vergnaud, 2000).

Au tout début de la zone, se situent les tâches d’apprentissage que l’apprenant peut réussir sans soutien. Plus on avance sur la ligne du développement, plus la tâche est difficile et plus le soutien devient nécessaire

pour réussir la tâche.

 

TENIR COMPTE DE LA ZONE PROCHE DE DÉVELOPPEMENT ET FAIRE PROGRESSER LES APPRENANTS

Le rôle de l’enseignant

L’enseignant a la responsabilité de maintenir les étudiants dans leur ZPD. Lorsque l’étudiant doit réaliser une tâche qui se situe en-deçà de sa zone, cette tâche est trop facile et, donc, il n’apprend pas. De même, lorsque l’étudiant doit réaliser une tâche qui se situe au-delà de sa ZPD, cette tâche est trop difficile et mène l’étudiant à l’échec. Donc, il n’apprend pas. Tenir compte de la ZPD, c’est d’abord s’abstenir de proposer des tâches d’apprentissage trop faciles ou trop difficiles.

La progression des étudiants est favorisée par une certaine progression dans l’intervention de l’enseignant. On peut théoriquement découper cette progression en différentes étapes :

1. L’enseignant donne une tâche plutôt facile sans qu’elle le soit trop. Ainsi, il fait vivre une expérience de réussite qui augmente la confiance des étudiants en leurs capacités à réussir des tâches d’apprentissage d’un certain niveau.

2. L’enseignant augmente la difficulté des tâches demandées (sans que celles-ci soient trop difficiles), de même que l’aide aux étudiants de façon proportionnelle. Les étudiants peuvent s’entraider.

3. L’enseignant apporte de l’aide jusqu’à ce que les étudiants réussissent la tâche. L’aide consiste essentiellement à expliquer la tâche, à faire de la pratique guidée en enseignant des stratégies d’amélioration des processus d’apprentissage et des stratégies de correction des erreurs, et à accompagner la pratique autonome des étudiants.

4. L’enseignant fait expérimenter la réussite plusieurs fois en donnant des tâches différentes mais de même niveau d’exigence et tout en retirant progressivement son aide. Ainsi, les étudiants expérimentent leurs capacités à réussir la tâche de manière autonome et avec une facilité de plus en plus grande.

5. Lorsque la tâche devient facile, l’enseignant donne une tâche plus difficile et augmente son aide en conséquence. Dès lors, c’est la ZPD de l’étudiant qui se déplace en avançant vers des tâches de plus en plus exigeantes, ouvrant ainsi des possibilités de développement supérieur, c’est-à-dire des défis qui auparavant auraient mené à un échec mais qui, ici, vont mener à une réussite.

 

Une aide autonomisante

L’aide est souvent d’abord une forme d’hétéronomie dans le sens que l’étudiant en est dépendant pour réussir. Mais si cette aide est apportée dans une perspective d’autonomisation, c’est-à-dire pour que l’étudiant réussisse lui-même la tâche, celui-ci va intégrer l’aide en développant ses propres stratégies de sorte qu’il n’aura plus besoin de cette aide extérieure. Ainsi, on peut dire que favoriser l’apprentissage, c’est favoriser un processus qui fait passer de la dépendance à l’autonomie (Vergnaud, 2000).

 

L’intervention de l’enseignant est donc autonomisante. Il apporte l’aide nécessaire sans réaliser la tâche à la place de l’étudiant. Par ailleurs, il ne considère pas que l’autonomie soit un préalable à l’apprentissage, mais plutôt une conséquence de celui- ci. En d’autres mots, l’enseignant n’abandonne pas les étudiants, mais les aide à ne plus avoir besoin d’aide, à apprendre par eux-mêmes (Chaiklin, 2009).