L’intégration du numérique dans l’éducation signifie une cohésion harmonieuse entre le numérique et tous les maillons intervenant dans la chaîne éducative afin de produire un enseignement et un apprentissage de meilleure qualité. Ainsi, chaque acteur d’un établissement devra être capable d’utiliser  le numérique de manière efficace et efficiente pour réaliser la tâche qui lui est attribuée. Dias, (1999) dit à ce propos que « les technologies sont intégrées lorsqu’elles sont utilisées de manière continue pour soutenir et pousser plus loin les objectifs du programme et pour engager les élèves dans des apprentissages significatifs » « (…) technology is integrated when it is used in a seamless manner to support and extend curriculum objectives and to engage students in meaningful learning ». Pour soutenir cette idée, d’autres auteurs tels que Hadley, (1993), Parks, (1994), Depover, (1996) estiment que pour parler d’intégration, le numérique devrait être utilisé de manière « quotidienne », « habituelle », « régulière » ou « fréquente ».

 

Il ressort des écrits de Christian Depover, (1996) qu’il existe deux principales manières d’intégrer le numérique dans un système : le top-down  et le bottom-up.

 

            Le top-down ou approche descendante est une technique d’intégration qui fait intervenir des décisions politiques pour initier l’intégration. Les décisions sont prises par la hiérarchie et font l’objet de décrets définissant ses modalités d’application sur le terrain. De prime abord, on serrait tenté de dire que c’est la meilleure approche d’intégration, puisqu’elle vise le changement de tout le système éducatif, et semble de ce fait plus apte à entraîner des modifications au sein du curriculum puisque se fondant sur une décision centrale imposable à tous. Mais dans les faits, cette approche se heurte rapidement à la résistance des enseignants de terrain  qui, par leurs pratiques  refusent de légitimer un outil technologique dont les apports aux disciplines restent  encore largement à démontrer et dans lequel à priori ils ne trouvent aucun intérêt.

 

            Le bottom-up ou approche ascendante est la technique d’intégration par laquelle l’initiative d’intégration du numérique dans le système et notamment dans  un établissement est le fait des enseignants eux-mêmes. Cette approche se caractérise par la conception par les enseignants de projets innovants, dans le but d’utiliser le numérique en classe et d’inciter leurs élèves à les utiliser également. Ces projets sont ceux qui ont une chance de succès, s’ils sont entrepris par tous les enseignants au même moment. A ce sujet, D Cavallo, (2004) affirme que   l’une des caractéristiques d’un environnement fertile au changement est le fait que les initiatives doivent surgir de la base  en ces termes «  bottom-up and emergent   large-scale growth comes from the basis of many little contributions ».